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Les femmes à la conquête du monde entrepreneurial

Diane Déry
Diane Déry Banque Nationale

Entretien avec Diane Déry, vice-présidente, Vente et service aux entreprises chez Banque Nationale.

De par son expérience et ses nombreux engagements, Diane Déry nous livre un regard positif et rempli d’espoir sur ces femmes qui osent faire de l’entrepreneuriat de demain, un entrepreneuriat plus féminin…

- Diane Déry, au cours des dernières années, nous avons vu le nombre d’entrepreneures augmenter considérablement. Pourtant, les femmes demeurent encore sous-représentées dans ce milieu. Croyez-vous que ce soit quelque chose qui est appelé à changer?

Oui totalement. Depuis quelques années, nous observons un réel tournant. Les femmes ont aujourd’hui, en mains, tous les ingrédients de la réussite et ce n’était pas nécessairement le cas avant : l’accès à une meilleure scolarisation, de nouveaux modèles d’entrepreneures qui émergent et l’implication dans les processus de relève, autrefois réservés aux hommes. Statistiquement, les femmes ont l’air un peu plus ‘frileuses’ à l’idée de reprendre ou racheter une entreprise, car la prise de risques est relativement importante. Il ne faut pas négliger ces risques, car ils sont bien réels, qu’ils soient financiers ou personnels. Alors les femmes ont besoin de plus d’accompagnement, comme le mentorat par exemple, pour surmonter leurs craintes. Les femmes sont généralement très ambitieuses, bien outillées, elles vont conquérir le monde entrepreneurial (sourire).

- Existe-t-il des secteurs qui laissent entrevoir une percée plus importante des entrepreneures?

Il existe un regain dans les entreprises de services et de détail. Il apparait que les femmes sont vraiment bonnes là-dedans. Mais pour sortir des clichés, nous avons, au Québec, des modèles de réussite incroyables dans le secteur industriel ou de la construction.

Les femmes ont, généralement, une approche différente des hommes en matière de finances, elles sont dotées également d’une dimension plus humaine. Mais il leur manque encore plus de modèles de réussite pour être dans l’action. Les modèles rassurent et stimulent naturellement l’entrepreneuriat dans tous les secteurs d’activité.

Aujourd’hui la société québécoise supporte et encourage beaucoup plus l’entrepreneuriat chez les femmes, on sent un souffle de renouveau.

- Vous êtes leader pour l’Effet A. Comment pensez-vous redonner aux femmes entrepreneures?

L’idée est de les nourrir avec des conférences inspirantes, des témoignages d’entrepreneurs et entrepreneures à fort succès ou de hauts et hautes gestionnaires. Le partage d’expérience va diluer la peur de la prise de risques tout en influençant la prise de décisions audacieuses. Nous leur fournissons également des outils pour les aider dans leur quotidien entrepreneurial, afin qu’elles se sentent soutenues.

- Est-il possible d’assurer un équilibre travail/famille lorsque l’on est entrepreneure?

Oui. Mais encore faut-il être consciente de l’importance de celui-ci?! Il faut se fixer des limites professionnelles, même si on pense parfois que cela relève de l’impossible… Les femmes sont très fortes dans les ‘plans B’ alors il ne faut surtout pas chercher à être parfaite, pas même au sein du foyer, il faut agir avec bon sens, ne pas hésiter à déléguer ou se faire aider et surtout respecter ses propres limites.

- Il y a de plus en plus de beaux exemples de femmes entrepreneures. Est-ce qu’il y a une entrepreneure qui vous inspire particulièrement?

C’est un choix difficile, mais je nommerais Lisa Fecteau de Regitex pour son parcours exceptionnel. Sa société est leader en fabrication de fils naturels et synthétiques. Elle s’appuie sur son haut niveau technologique, mais avant tout, sur une politique de gestion des ressources humaines avant-gardiste. En plus de tout cela, c’est une femme accessible et extraordinairement généreuse.

J’ajouterai que ma coleader à l’Effet A, Sophie Paquet, Conseillère en placement, gestionnaire de portefeuille et vice-présidente à la Banque Nationale, est également une jeune femme extrêmement inspirante pour moi.

- Pour terminer, quels seraient vos conseils pour perdurer en tant que femme entrepreneure?

Il faut rester soi-même! Il ne faut pas laisser de place aux compromis sur qui nous sommes réellement. Il faut de la résilience pour ne pas se laisser abattre par le négatif. Un ‘non’ n’est jamais une réponse définitive. Il faut être tenace, organisée et multitâches. Devoir assurer une pérennité peut être perçu comme un fardeau, il faut alors différencier la ténacité de l’acharnement et parfois savoir s’arrêter. Dans tous les cas, il faut se faire accompagner et savoir travailler ses réseaux professionnels. Le Québec s’est probablement privé de beaux talents ces dernières années, il est temps de renverser les statistiques.

Découvrez le profil Linkedin de Diane Déry, vice-présidente, Vente et service aux entreprises chez Banque Nationale et administratrice au Conseil d’administration de la Fondation de l’entrepreneurship.

Auteure : Estelle Delattre