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Parlons-nous assez des valeurs?

Auteur: Bernard Ferland, co chef mentor, SAGE Mentorat d'affaires

Nous avons certainement tendance lors de mentorat d’affaires à regarder, discuter de la business, du core business du mentoré et des différentes parties qui s’y rattachent.

Nous essayons souvent de voir avec lui/elle, quelles sont les alternatives concrètes économiques et organisationnelles adéquates pour les différents défis. Accordons-nous assez de temps et d’énergie aux valeurs de l’individu?

Nous laissons souvent de côté la portion plus soft ou tendre du modèle d’affaires. Parlons-nous assez de valeurs? Valeurs personnelles et valeurs d’entreprises. Elles sont toujours ou du moins, presque toujours inter-reliées. Elles sont aussi souvent ignorées par l’entrepreneur lors des prises de décisions d’affaires ou partiellement intégrées dans l’équation.

Lorsque nous y réfléchissions bien, nous constatons souvent que la prise de décision et l’orientation des opérations seraient allégées si nous consacrions plus d’attention à nos valeurs profondes. Aux valeurs qui nous apparaissent non négociables et qui inéluctablement vont grandement teintées la couleur et la culture de nos entreprises et le modèle d’affaires utilisé.

En y pensant bien, on réalise que ces valeurs que chérissent les entrepreneurs ne sont certainement pas mises à contribution lors des réflexions profondes. On les ignore, on les élimine de l’équation, on y pense mais on les applique moins, etc.

J’y vois un paradoxe. On trouve ça bien de les écrire dans notre plan d’affaires, de les rédiger en grosse lettres un peu partout, de les intégrer dans nos conversations lors d’un 5 à 7, mais savons-nous les mettre de l’avant au moment opportun, au moment propice, là où ça compte.

Prenons par exemple, un entrepreneur qui réfléchit sur une prochaine acquisition. Il m’explique que cela contribuera sans aucun doute à renforcer son flux de trésorier, qu’il voit là une stratégie de diversifier de son organisation, qu’il estime que la croissance sera au rendez-vous, qu’il connaitra une croissance de sa richesse, qu’il pourra rembourser ses dettes, améliorer son bilan. Super beau sur papier!

Qu’est-il des valeurs de l’entreprise achetée? Rien à voir avec ses valeurs, elles sont probablement en totale contradiction! Bien sûr que cet entrepreneur peut mettre de l’énergie à changer la culture, réussira-t-il à changer les valeurs? À court terme? J’en doute!! Lui qu’en pense-t-il? L’important c’est lui! Mais lui, il en pense rien, puisqu’il ne se pose pas ces questions!

Nous réalisons souvent qu’il y a parfois de grandes contractions chez les gens d’affaires d’un côté, entre ce qu’ils ressentent au plus profond d’eux même, dans leurs trippes, ce qui est immuable dans leur for intérieur et de l’autre côté, ce qu’ils achètent, acquiert, ce qu’ils font dans leur business? Pourquoi?

Je ne sais pas… Peut-être la vitesse des affaires d’aujourd’hui, l’égo, la pression du système, la méconnaissance de ce que l’on veut vraiment? Un peu de tout ça j’imagine!

Je réalise que la plupart de ceux que j’accompagne ne se connaissent pas, ils connaissent bien sûr leur entreprise. Ils peuvent me réciter, d’une façon très éloquente, les facettes de leur entreprise, leurs défis, les obstacles.

Mais que pensent-ils d’eux même, que ressentent-ils, que veulent-ils? Et surtout quelles valeurs fondamentales les font vibrer et par ricochet vibrer leur entreprise?

En tant que mentor, il serait certainement intéressant de le découvrir et ou le redécouvrir avec eux. Serait-ce important pour les mentorés de savoir si leurs actions, leurs décisions, leurs partenariats sont en phase avec leurs valeurs.

Je pense que oui. Il faudrait au moins lui demander, lui poser ce genre de questions. Nous serions probablement très surpris et fascinés par les résultats.

 

Ces articles s’inscrivent dans la volonté du Réseau M d’encourager la réflexion des mentors sur la posture mentorale et ainsi stimuler le développement de meilleures pratiques de mentorat pour entrepreneurs.

Les idées et opinions exprimées dans ces articles sont celles des auteurs et n’engagent nécessairement le Réseau M, propulsé par la Fondation de l’entrepreneurship.