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Karine Foisy brille pour vos enfants

Karine Foisy Veille sur toi

Karine Foisy se cherchait un passe-temps. Elle en a fait une entreprise qui vient de passer le cap des cinq ans!

«J’ai été enseignante au primaire pendant dix ans dans un quartier défavorisé de Montréal. J’ai eu trois enfants dans cette période. Je me cherchais donc un passe-temps pour me changer les idées. J’ai suivi un cours pour travailler le verre. J’ai commencé dans mon sous-sol, pour me faire plaisir. Des bijoux et des assiettes… Puis, j’ai créé des veilleuses. J’ai tout de suite cliqué sur le concept. La veilleuse rassure les enfants, et je pouvais ainsi créer un personnage ludique.»

Petit-à-petit, l’idée d’une entreprise fait son chemin. Des amis achètent ses veilleuses à répétition. Au point où, en mars 2013, Karine Foisy se lance en affaires : «J’ai décidé d’appeler ça Veille sur toi : c’est un nom doux, c’est comme si je veillais sur le sommeil des enfants…»

Elle ouvre son commerce d’abord sur… Facebook. Puis elle lance une boutique sur la plate-forme Etsy. La semaine suivante, elle loue un kiosque au Salon Maternité Paternité Enfants. Elle connaît un succès de vente immédiat.

Écoutez le témoignage de Karine sur l'apport du mentorat pour l'aider à mieux gérer la croissance de son entreprise.

 

Lors de son troisième enfant, Mme Foisy obtient un congé de maternité prolongé sur deux ans. Elle en profite pour tester la viabilité de son entreprise, pour savoir si elle pouvait en vivre. Normalement, elle aurait dû revenir au travail en septembre prochain. Elle a plutôt donné sa démission!

«J’étais devant un dilemme : retourner enseigner et vendre l’entreprise, ou faire le saut, dit-elle. J’ai décidé de lâcher la sécurité, le salaire versé aux deux semaines directement dans mon compte de banque, la retraite dorée et les longues vacances d’été. Je choisissais surtout d’avoir beaucoup d’insécurité!»

Karine Foisy ne le regrette pas. Elle y voit plutôt des avantages : «Ce ne sont pas tous les entrepreneurs qui bénéficient d’un congé de maternité pour se lancer en affaires. J’ai la conviction de m’épanouir, de pouvoir en vivre et, surtout, j’ai zéro dette et une source de revenus bien établie.»

Succès de vente

Elle est convaincue de son concept, mais pas son conjoint, qui doutait qu’elle puisse réaliser des ventes. Il a rapidement changé d’idée. «J’en ai vendu 35 000 depuis, dit-elle. Les mamans qui allaitent la nuit, les grand-mamans qui viennent leur donner un coup de main : elles ne se cognent plus aux meubles dans la noirceur.»

L’entrepreneure s’enthousiasme de son produit, qui n’est pas chaud au toucher (l’enfant ne s’y brûle donc pas les doigts) et qui brille! «Il n’y avait rien de comparable sur le marché, sauf des produits cheap fabriqués en Chine», dit-elle.

Le conjoint sceptique des débuts a décidé lui-même de prendre un congé sans solde de six mois. Gestionnaire en technologie, il va plonger tête baissée dans le projet de son amoureuse : «Il est plus rationnel que moi. Il va assumer la trésorerie, la gestion, les prévisions, c’est un champion d’Excel. Moi, je vais me concentrer sur l’image de marque, le développement des produits et trouver les clients. J’ai géré cette entreprise pendant cinq ans, par obligation. J’ai bien hâte de lui déléguer ces tâches, d’autant plus qu’il a un bac en gestion d’entreprise…»

Karine Foisy se demande comment les entrepreneurs font pour passer au travers sans l’appui inconditionnel de leur conjoint. Le sien l’a épaulé dès le début. D’autant plus que le statut de chef d’entreprise, c’est vivre constamment des montagnes russes émotionnelles. «Une semaine, tu vis un high, le mois suivant, tu veux tout lâcher. C’est comme ça en permanence. Le sentiment d’imposteur est assez fort. Mais la pression te pousse à amener l’entreprise au prochain niveau, à t’assurer que tout le monde soit payé, que tu aies un fonds de roulement adéquat. Parfois, les montants en jeu sont énormes. Il faut gérer son stress, séparer la famille et l’entreprise.»

Besoin d’un appui

Karine Foisy voit des similitudes entre ses carrières d’enseignante et d’entrepreneure. Sur les deux fronts, les cinq premières années, elle ne pensait qu’à ça, du lever au coucher. «Au bout d’un moment, on fait une coupure et on se concentre, le soir, sur la vie de famille, dit-elle. En mai, on va sortir l’atelier de fabrication de la maison et l’installer ailleurs à Laval. Ça va tout changer.»

Elle a fini par réaliser qu’elle n’excellait pas dans tous les domaines, qu’elle devait s’entourer des bons talents. Le temps qu’elle consacrait à la gestion et à l’expédition, elle ne pouvait l’utiliser à trouver des clients et des points de vente. Elle avait besoin d’être épaulée : «Je ne savais même pas que le mentorat pour entrepreneurs existait! C’est un vrai bonheur de bénéficier d’une oreille attentive, d’une personne qui a connu les mêmes tourments, la même pression, qui sait parfaitement ce que je vis. Et ce n’est pas mon chum!»

L’entrepreneure reconnaît des qualités au mentor que n’aura jamais son conjoint : le premier a du recul, il perçoit des choses que le conjoint ne voit pas, car ce dernier n’est pas un entrepreneur.

Leur dyade a commencé il y a un peu plus d’un an et demi. Depuis, Karine Foisy n’a pas connu de grands changements dans son entreprise, mais elle a pris de l’assurance et saisit davantage les opportunités, comme de se présenter elle-même et son entreprise dans un 5 à 7… Elle se sent également guidée dans ses choix. Son mentor lui pose des questions, l’éclaire sur des aspects qu’elle n’avait pas envisagés. «Ça n’a pas prix», dit-elle.

«La démarche m’a surtout permis de préciser mes objectifs, ajoute-t-elle. Par exemple, mon chum aimerait qu’on connaisse une forte croissance. Mais je ne mesure pas le succès à la taille du chiffre d’affaires. Je me vois mal accepter une commande de Walmart, alors que nous taillons chaque veilleuse à la main et les cuisons au four. J’aimerais plutôt les offrir dans les boutiques chic de la Cinquième Avenue, à New York!»

 

Une collaboration de Stéphane Desjardins