Saut au contenu

Distillerie du Fjord: s’inspirer de son terroir pour faire sa marque

Distilleries du Fjord

Jean-Philippe Bouchard, son père et son frère ont lancé la Distillerie du Fjord par passion. Le temps n’a pas été compté pour créer un produit d’une qualité exceptionnelle qui se démarque dans un marché en pleine explosion.

On dit que le diable est dans les détails et les trois comparses ont compris toute sa signification. Le fameux gin KM12 connaît maintenant une renommée mondiale, mais c’est grâce à son coin de pays qu’il a pris tout son sens.

Q. Le gin, c’est une passion que vous avez dans ta famille depuis plusieurs générations. Qu’est-ce qui vous a poussé ton père, ton frère et toi de passer à l’action en lançant votre distillerie?

On a toujours été des « trippeux ». On aime les projets qui sortent de l’ordinaire! Mais en fait, avec mon frère, on ne savait pas au départ que notre grand-père et notre arrière-grand-père aimaient le gin. Serge, notre père nous a appris l’anecdote familiale par hasard, alors qu’il nous montrait le vieil alambic de notre arrière-grand-père.

Puis, pendant ma maîtrise en gestion des organisations, mon projet d’affaires a été de créer le plan d’affaires de la distillerie. Mon père m’a demandé si mon plan était sérieux. Et je lui ai dit « oui »! (Rires) Donc, on est parti tous les trois se former en distillation à Kelowna en Colombie-Britannique. Et vous connaissez la suite!

Q. Quels sont les défis/les avantages de gérer une entreprise en famille?

C’est vraiment une expérience incroyable! Je connais mon frère et mon père comme jamais. Mon père, c’est à la fois mon « mentor », mon parent et mon partenaire. On a une super belle relation de confiance. Il y a parfois un choc des générations, surtout au niveau de l’approche marketing, de la façon de voir les choses et de les interpréter. On a des opinions différentes en fonction de notre expérience. Pour mon père, la gestion du risque, la sécurité, c’est super important. Et on a des types de personnalité très différents mais à la fois tellement complémentaires. Ça va super bien!

Q. Même si votre entreprise a été lancée récemment, vous vous êtes déjà distingués avec votre gin KM12 au Québec, mais également à l’international, à San Francisco. Comment recevez-vous ce succès?

Notre plan de match était solide au départ. Nous avions évalué la concurrence et analysé le marché. C’est sûr que nous avons beaucoup plus de succès que prévu! Il y a une forte appréciation du produit grâce au design, à la recette et au goût qui se distinguent. On a gagné notre prix à San Francisco (la médaille d’or à la prestigieuse Compétition internationale de spiritueux de San Francisco) et on a été cité dans le Protégez-vous. C’est quelque chose pour mon père qui y est abonné depuis 1968! (Rires) Nous avons plein de belles petites victoires. Ça rend notre aventure encore plus belle!

Q. L’industrie des spiritueux est en explosion au Québec. Comment réussissez-vous à vous démarquer?

Oui, le marché des spiritueux explose partout! Au Québec, nous sommes 15 distilleries. En fait, c’est à la base de notre stratégie. Quand nous avons fait notre formation en distillation à Kelowna, nous avons appris trois règles pour les nouvelles tendances dans le monde des spiritueux. Premièrement, le client recherche une « expérience unique » quand il boit du gin. Il faut que ça fasse partie du marketing. Ensuite, il faut sentir le côté humain, artisanal du produit. Notre gin est fait par des gens d’ici. Finalement et c’est le plus important, il faut s’inspirer de la richesse locale, de ce qui nous entoure. Nous avons développé notre produit après notre plan d’affaires. Nous avons travaillé avec un biologiste très réputé et fait des groupes tests pour développer un goût unique qui nous ressemble.

Q. Qu’est-ce qui te motive le plus dans l’entrepreneuriat?

J’aime le concept de création de richesse, d’être un bâtisseur. Travailler avec les gens, créer des relations, c’est vraiment important. La région s’est approprié notre produit et c’est la plus grande fierté que je peux avoir. C’est pas une job, c’est un rêve, une passion.

Q. Où t’imagines-tu dans cinq ans? As-tu des attentes pour l’international?

Je veux évoluer avec l’industrie. J’aimerais faire partie d’un circuit récréotouristique, c’est un must. Ça sera possible s’il y a un changement de loi. Puis, je veux développer d’autres produits et continuer à bâtir une belle entreprise dont la communauté est fière. À l’international, je cherche LE partenaire pour croître et distribuer nos produits.

Jean-Philippe Bouchard est mentoré à la MRC du Fjord-du-Saguenay au Saguenay–Lac-Saint-Jean et fait partie de la Mission France 2018 du Réseau M qui aura lieu du 24 au 31 mars 2018 à Paris.

À voir! Jean-Philippe Bouchard s'entretient avec Frede Rioux