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La durée idéale d'une dyade

 

Auteur : Marie Lacroix, Mentore, SAGE Mentorat d'affaires

 

Je suis mentor auprès de Sage depuis 2007. À cette époque, on nous encourageait fortement à envisager une période de 12 à 18 mois comme la durée idéale d'une dyade. On remplissait conjointement par écrit avec notre nouveau mentoré l'objectif de la dyade et de façon générale lorsque cet objectif était atteint, la dyade se terminait. Selon la pratique de l'époque, j'ai longtemps pensé qu'une relation mentorale ne pouvait se poursuivre indéfiniment puisqu'elle était sujette à un objectif spécifique.

Depuis quelques années, la durée de mes dyades s'est prolongée. Je ne m'oblige plus à mettre un terme à une relation mentorale lorsqu'un délai de 18 mois s'est écoulé ou que les sujets de discussion initialement identifiés ont été explorés. En fait, j'ai constaté que mes mentorés ont constamment des aspects qu'ils veulent discuter et approfondir avec moi. Je me rends compte que c'est très bien ainsi puisque je valide constamment leur intérêt à poursuivre la dyade ainsi que leur satisfaction face à nos rencontres et aux sujets abordés. En fait, pourquoi n'en serait-il pas ainsi puisque beaucoup de nos mentorés n'ont pas vraiment d'autres intervenants avec qui ils peuvent soulever les sujets qui les préoccupent sans être jugés ou encore se sentir vulnérables?

Je sais pertinemment que plusieurs de mes collègues mentors ont aussi des dyades qui se poursuivent dans le temps pour des périodes pouvant aller jusqu'à 5 ou 7 ans et même plus. Chaque dyade est différente pour plusieurs raisons. Cependant, j'ai appris au fil du temps et de mes expériences que la qualité de la relation entre le mentor et son mentoré est selon moi ce qui caractérise les dyades qui se poursuivent dans le temps. 

Ce n'est pas une relation qu'on pourrait définir comme amicale proprement dite. C'est une relation professionnelle ou le mentoré doit se sentir en confiance, ne doit pas se sentir jugé et où le mentor doit graduellement développer sa crédibilité auprès de lui. Je termine en disant que cela me ramène à notre approche mentorale de base qui préconise " qu'on mentore la personne et non pas l'entreprise".

 

Ces articles s’inscrivent dans la volonté du Réseau M d’encourager la réflexion des mentors sur la posture mentorale et ainsi stimuler le développement de meilleures pratiques de mentorat pour entrepreneurs.

Les idées et opinions exprimées dans ces articles sont celles des auteurs et n’engagent nécessairement le Réseau M, propulsé par la Fondation de l’entrepreneurship.